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Claire-Jeanne Jézéquel / production intérieure brute

Claire-Jeanne Jézéquel / production intérieure brute

Le document d’artiste production intérieure brute est édité par La Maréchalerie à l’occasion de l’exposition de Claire-Jeanne Jézéquel.

Claire-Jeanne Jézéquel, Valérie Knochel Abecassis
5 euros - ISBN : 978-2-9525635-7-4

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L'ouvrage production intérieure brute a été édité à l'occasion de l'exposition de Claire-Jeanne Jézéquel présentée du 16 mai au 19 juillet 2008.

Entretien de Claire-Jeanne Jézéquel avec Valérie Knochel Abecassis, mars 2008.

Edition disponible sur demande à La Maréchalerie.


Extrait (p.5) :

VK La Maréchalerie invite un artiste à concevoir une oeuvre qui réponde à la singularité du lieu d’exposition. Nous parlons d’un lieu « absurde », bien loin de l’espace habituel de la galerie. Face à ces éléments, tu as toi-même très vite évoqué un « lieu impossible ». Peux-tu définir les sentiments qui ont été convoqués chez toi face à ce cahier des charges et à ces contraintes ?

C-JJ Le terme impossible est peut-être exagéré. Par le parti pris architectural ou l’aménagement, il y a beaucoup d’éléments qui rendent ce lieu impossible, pas seulement
sa configuration générale, mais aussi le détail de l’agencement intérieur. Mes oeuvres entretiennent un lien avec l’espace, mais la plupart du temps l’espace est pour moi un terme générique. Le mur et le sol sont des lieux génériques. J’ai tendance à les abstraire, les réduire à un plan vertical et à un plan horizontal. Et de fait, aucun lieu d’exposition n’est neutre à ce point. C’est une contradiction dans laquelle je me trouve très fréquemment. Je conçois des oeuvres, que j’imagine dans une situation très abstraite.
Et je me heurte toujours à la réalité des espaces singuliers. Par exemple le fait qu’un mur
qui est, en esprit, une surface plane, n’est en réalité à peu près jamais plan. Il y a de l’accident. Et à La Maréchalerie, il y a beaucoup d’accidents. J’ai eu le sentiment d’un vide central, d’un volume d’air plutôt que d’un espace défini par des éléments de construction. A l’exception de la charpente, très présente. La plupart de mes oeuvres s’appuient sur les murs et là ces murs sont contredits à chaque fois par les percements : portes, fenêtres, ou alors les bas-côtés rajoutés. J’ai cherché autour de cette idée à matérialiser le fait de quitter le mur : s’appuyer sur le mur, mais s’en éloigner. S’éloigner
du mur qui n’existe pas et le recréer de nouveau, avec cette sorte de cimaise qui suit la configuration de trois des murs, réduite à une fine bande à hauteur d’oeil. Une cimaise à la fois présente et virtuelle. C’est pourquoi je tenais à cette structure, un peu paradoxale du point de vue d’un architecte. On a eu pas mal de discussions sur la légitimité de cette structure, qui aurait pu être suspendue simplement. Mais je voulais marquer cela, et matérialiser cet écart d’avec l’architecture. Pour cette exposition, c’est évidemment l’espace qui m’a indiqué une direction. Mais je suis repartie de choses que j’avais déjà esquissées, où il y avait justement cette idée d’une oeuvre qui proposerait des surfaces verticales ou horizontales, en avant du mur, avec une structure assez semblable projetant la surface de l’oeuvre en avant. Réfléchissant à ce lieu, ces ébauches ont évolué jusqu’à donner cette forme finale.

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